Une nouvelle ambition pour notre fédération

jeudi 17 septembre 2015
par Manu Guichardaz

Du 5 au 26 novembre, les adhérents de la FSU sont appelés à se prononcer sur les textes d’orientation proposés par les tendances. Vous trouverez ici celui porté par la liste "Unité & Action et sans tendance"

Texte d’orientation U&A

8ème Congrès FSU

Courant majoritaire de la FSU depuis sa création, Unité & Action a fait le choix de l’ouverture dans le but de construire un syndicalisme pluraliste et unitaire, rassembleur et offensif.
- ouverture aux autres courants de pensée, avec une direction pluraliste, à tous les niveaux
- ouverture à tous les syndiqués
- ouverture à la diversité des opinions et approches par la recherche et la construction systématique des synthèses,
- ouverture à la diversité du syndicalisme dans notre pays, par la recherche de l’unité d’action.

Pour Unité & Action, le rendez-vous du Mans doit être celui d’une nouvelle ambition pour notre fédération.

I. Un regard lucide et sans complaisance sur la situation

1. Un contexte de crise économique, sociale et environnementale

Le drame quotidien vécu par les migrants aux frontières de l’Europe, est à lui seul révélateur des crises économiques, sociales qui secouent la planète et de l’échec des politiques libérales, austéritaires et bellicistes développées partout dans le Monde. La crise est aussi environnementale, conjuguant épuisement et destructions des ressources naturelles, anthropisation de la planète, changement climatique... En Europe, la « troïka » entend imposer son dogmatisme économique y compris aux peuples qui se sont démocratiquement déterminés pour d’autres voies (notamment à la Grèce), alors qu’il conduit à des impasses et toujours plus de souffrance et d’inégalités. En France, CICE, Loi Macron, projet de remise en cause du droit du travail, autant d’exemples qui montrent que le gouvernement mène une politique libérale en décalage profond avec ce qu’avaient été les promesses du candidat Hollande. Nous avons et nous devons continuer de dénoncer les dégâts économiques, sociaux et environnementaux provoqués par ces politiques, mais la dénonciation ne suffit pas, elle n’offre pas de perspective suffisante et n’est alors pas de nature à rassembler largement. Des propositions alternatives portées, existent mais ne sont pas actuellement suffisamment crédibles, partagées et entendues par le plus grand nombre. Sans se substituer aux organisations politiques, le mouvement social et la FSU doivent tisser des solidarités avec tous les salariés, initier, impulser et participer au débat public pourdes mesures alternatives permettant le progrès social.

2. Une crise des institutions, de la représentation, qui n’épargne pas le syndicalisme Cette situation engendre aussi une crise des institutions et de la représentation sans précédent : la montée très inquiétante de l’extrême droite en est l’un des aspects les plus visibles. La défiance vis à vis des institutions représentatives n’épargne pas le syndicalisme : en difficulté pour rassembler et gagner, pour construire un rapport de force suffisant, il continue néanmoins d’être, pour les salariés, le recours en cas de difficultés collectives ou individuelles.

3. Entendre le message des élections professionnelles Les résultats aux dernières élections professionnelles n’ont pas permis à la FSU d’atteindre ses objectifs : redevenir la première organisation à la FPE et être représentative à la FPT. Ces élections ont envoyé un signal : il nous faut mieux identifier les attentes des personnels, ré-interroger le rapport que nous entretenons avec les professions, travailler à une meilleure perception de notre projet syndical, de nos propositions pour les services publics. Certes, et heureusement, la fédération conserve une place incontournable dans le secteur public, et au-delà, (pôle Emploi…), dans le mouvement social : la voix de la FSU porte, mais elle doit se faire plus entendre.

II. Nos orientations pour l’avenir

1. Mieux faire connaître notre projet syndical Il est nécessaire d’éclairer et de porter mieux et plus fort notre projet syndical : un syndicalisme de transformation sociale progressiste, et, à cette fin, pour les réformes qui font avancer les droits des salariés, des agents, des retraités, des jeunes, qui améliorent leurs conditions de vie et de travail, qui contribuent à construire une société plus juste, plus solidaire et apaisée, une autre répartition des richesses avec un rôle primordial des services publics. Quels que soient les gouvernements, nous combattons les décisions qui ne vont pas dans le bon sens, mais nous nous engageons aussi quand des espaces de dialogues et de propositions sont possibles. Présente dans les secteurs de l’emploi, la formation, l’éducation, la recherche et la culture, l’éducation populaire, la justice et notamment celle des mineurs, le travail social, la FSU doit porter plus fort encore un projet pour la jeunesse et l’avenir de ce pays.

2. Travailler au rassemblement Pour Unité et Action, l’unité syndicale doit être le fer de lance de cette stratégie. Dans une période où les désaccords sont exacerbés, où certains voudraient voir le syndicalisme divisé durablement en deux camps antagonistes, la tentation existe de se replier sur de multiples actions minoritaires, de témoignages. Unité et Action fait le choix de ne jamais renoncer, de chercher ce qui rassemble avant ce qui divise. Il ne s’agit pas d’en rabattre, de s’aligner sur le moins disant, il s’agit au contraire, parce que c’est un gage d’efficacité, de construire des mouvements d’ampleur exigeants en termes de revendications. Le chemin vers cette unité d’action passe souvent par des configurations intersyndicales très diverses qui doivent être respectées quand elles correspondent à des réalités de terrain. Il passe aussi par une implication dans le mouvement social et associatif : Convergence services publics, RESF, ATTAC… Nous avons depuis toujours l’objectif l’unification du mouvement syndical. Il ne s’agit pas d’imposer des démarches d’appareils que nos mandants, syndiqués, ou militants ne s’approprieraient pas, il s’agit de travailler concrètement, sur des sujets précis, avec celles et ceux qui le veulent et qui partagent notre conception du syndicalisme. Des chantiers ont déjà été lancés, notamment avec la CGT, qui ont permis d’enrichir nos analyses et de conforter nos positions. Ce travail se poursuivra au plus près des salariés, des adhérents, sur des thèmes qui touchent au quotidien dans le but de construire au niveau local des convergences, et dans la perspective de la construction d’un nouvel outil syndical.

3. Pour un pacte social de progrès Nos grands axes de revendications charpentent un pacte social de progrès : le partage des richesses, la protection sociale et les solidarités intergénérationnelles, le développement des services publics et de la Fonction publique, la défense de nos métiers, la laïcité et la construction d’une société inclusive où chacun trouve sa place et peut œuvrer pour la communauté, la progression du pouvoir d’achat, celle des salaires, des traitements, des cotisations sociales et des pensions et le rééquilibrage par l’impôt, la construction et la reconnaissance de droits pour les citoyens, le développement économique contrôlé dans le cadre d’une transition écologique, le combat sans faille contre toute régression sociale, l’égalité et le respect de l’autre. C’est à cette fin que la FSU a œuvré pour que les organisations syndicales (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU et Solidaires) élaborent et signent le texte : « Après le 11 janvier, vivre et travailler ensemble ». Il y a urgence à le faire vivre, à le diffuser, à le discuter afin qu’il devienne un des outils de reconstruction d’un lien social qui se délite. C’est aussi le sens de la campagne unitaire contre l’extrême droite que la FSU a initiée.

5. Renforcer la Fédération Au moment où la mondialisation explose, et où l’Europe entend être le lieu de définition des orientations politiques des États, la FSU doit contribuer à la construction et au développement d’un syndicalisme international et européen. Tout en poursuivant sa campagne spécifique pour les services publics, elle doit aussi pouvoir s’engager dans les dynamiques interprofessionnelles pour contribuer et participer pleinement des démarches unitaires d’intérêt général des salariés, privés d’emploi et retraités au plan national et international. Renforcer notre outil fédéral, poursuivre notre positionnement dans la Fonction Publique d’Etat et dans la Territoriale, prendre toute notre place dans l’ensemble des débats nationaux et internationaux passe par une implication plus forte des syndicats nationaux dans le fonctionnement de la FSU.

Construire un syndicalisme de transformation sociale actif, indépendant et démocratique, construire des dynamiques interprofessionnelles rassemblant largement les salarié-es, sur les revendications à construire avec les personnels et les actions à mener : c’est l’objet de notre 8ème congrès. Pour conforter cette conception de l’orientation et de l’activité syndicale, Votez pour la liste « Unité & Action et sans tendance » !

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texte d’orientation U&A et sans tendance