Synthèse consultations programmes 2008

lundi 24 février 2014
par UA

Du côté de la maternelle
Des points positifs :
- Le fait d’avoir mis en œuvre des programmes en maternelle, pour certains enseignants équivaut à une reconnaissance du travail réellement fait à ce niveau.
- La liberté pédagogique est mise en avant.
- La priorité au langage, oral comme écrit, est soulignée.
- Le côté « simple » et « précis » des programmes peut être apprécié.
- La partie « devenir élève » fait débat : une attente trop scolaire ne laisse pas le temps à l’enfant de construire son identité d’élève. Cela souligne une volonté de primariser l’école maternelle, très critiquée par les enseignants..

Mais aussi de fortes critiques :
- Les programmes sont « réducteurs », trop centrés sur la « préparation au CP » et portent en eux la primarisation de la maternelle, principal reproche qui leur est fait.
- Ils ne donnent que très peu de contenus et d’objectifs pour la petite et moyenne section voire oublient la toute petite section.
- La transversalité, qui était une des spécificités de la maternelle, est remise en question par un trop grand cloisonnement entre domaines : les apprentissages sont morcelés.
- Les apprentissages sont jugés trop mécaniques et manquent de sens. Par exemple, l’apprentissage de la langue par la répétition et l’étude de vocabulaire hors contexte sont mal perçus.
- De même, la découverte du nombre est trop centrée sur la connaissance de la comptine numérique, au détriment de la construction du nombre.
- Les activités motrices, artistiques notamment sont délaissées. Peu de manipulations et d’expérimentations et la place du jeu est très restreinte.
- Les activités artistiques sont reléguées au second plan alors que la place de l’expression et de la créativité est fondamentale à l’école maternelle. Sur leur faisabilité, l’inadéquation avec le développement psychomoteur des élèves est soulignée. Ainsi, la partie phonologie est souvent jugée trop ambitieuse, ou la copie en cursive trop difficile et « dévoreuse de temps ».
- « Découvrir le monde » est parfois décrit comme un domaine trop vaste (sciences, mathématiques …).

Du côté de l’élémentaire
Des éléments positifs pointés par certains collègues :
- En élémentaire, ils apprécient la souplesse apportée par l’annualisation de certains horaires. La simplicité est aussi souvent notée avec des progressions claires et précises et des repères par années appréciés. Le travail en phonologie aide à l’entrée au CP...
- L’arrivée de l’histoire des arts est jugée positive. Mais beaucoup d’écoles ont aussi laissé cette partie vierge, laissant penser que les programmes de 2008 étaient singulièrement dépourvus de qualités.

De fortes critiques en revanche :
- La principale concerne l’alourdissement de programmes qui ne tiennent pas compte de la réduction de deux heures d’enseignement.
- Les enseignants jugent que ces programmes ne sont pas de véritables outils de travail.
- De manière générale, la perte de sens des apprentissages est largement évoquée.
Par exemple, le retour à l’étude de la langue par tranches juxtaposées est mal ressenti. La sensation d’un empilement de savoirs et d’objectifs peu clairs est parfois mise en avant.
- Le retour aux méthodes d’antan (considéré comme un des gros défauts des programmes de 2008) nie la complexité qui sous-tend le contenu des programmes. Ainsi, les enseignants pointent une vision simpliste de la Géographie, imposant une approche du « simple » au « complexe ». Les compétences en EPS sont peu lisibles.
De manière générale, il n’y a pas assez de travail sur le sens que ce soit en lecture ou en mathématiques (résolutions de problèmes, passage par la manipulation).
Les enseignants pointent un vrai déséquilibre entre les activités d’exercice, d’entraînement et de répétition (qui sont bien évidemment nécessaires) et les activités de découverte, de manipulation, et de construction des savoirs. La lecture et l’expression écrite semblent passer au second plan.
Des notions sont étudiées prématurément et parfois revues ensuite au collège, notamment en français (le passé composé, l’imparfait au CE1) Le plus que parfait, le futur antérieur et le conditionnel présent sont trop compliqués pour le cycle 3.
En mathématiques, la technique posée de la soustraction est exigée en fin de CP alors que l’ensemble des connaissances à maîtriser préalablement pour en comprendre le sens (et ensuite l’exécuter) demande un temps long. Problème également de la soustraction à retenue ou de la technique de la multiplication et division en CE1.
Au cycle 3, on constate que les notions de collège étudiées désormais en primaire se font de manière trop précoce : situations de proportionnalité, multiplication ou division des nombres décimaux, hauteur et aire du triangle, cylindre, prisme. Cela se fait au détriment de la résolution de problème et des nécessaires manipulations.

Le peu de cohérence avec le collège est évoqué.

Le manque de temps est aussi pointé dans différentes matières
- en sciences : manque de temps pour expérimenter, mettre en place des situations inspirées de « la main à la pâte » demande un volume horaire suffisant qui n’est plus possible avec cette répartition.
- l’introduction de l’histoire de l’art, alors que le temps d’enseignement diminue, entraîne une diminution de la production artistique. De plus, enseigner l’histoire de l’art nécessite de connaître beaucoup d’œuvres pour faire des liens, donc de visiter des expositions, de rencontrer des artistes
- l’instruction civique (en lieu et place de l’éducation civique) a fait disparaître l’exercice de la citoyenneté (débat, règles de vie…) et certains regrettent la disparition du « vivre ensemble ».
- au cycle 2, programme découverte du monde trop lourd :se limiter à temps, espace, monde du vivant.
- au cycle 3, programmes de sciences et histoire/géographie trop lourds.
- L’EDD est trop dense.
- Le manque de formation initiale et continue, en lien avec la recherche en éducation est considéré comme un obstacle à l’utilisation de ces programmes notamment dans les domaines :
- de l’histoire de l’art : manque de supports, manque de formation
- des langues vivantes : difficultés pour enseigner l’oral mais aussi le lire et écrire
- de la validation du B2i (problème de formation et de matériel).

Sur le lien nouveau entre socle et programmes Si certains trouvent le socle intéressant, il est difficile à mettre en œuvre et les liens entre le socle et les programmes sont jugés flous.

Points communs à la maternelle et l’élémentaire :
- Le temps utilisé pour les évaluations est jugé disproportionné par rapport aux apprentissages. La difficulté d’évaluer certaines notions est mise en avant : réfléchir à une autre manière d’évaluer est nécessaire. Sur les difficultés d’application, l’inadéquation entre les objectifs, les notions à aborder et l’âge des élèves est souvent citée.
- Et pour l’avenir ? Ce qui revient le plus souvent Une simplification des programmes est plébiscité : ils devront être précis et clairs et inscrits dans la durée mais sans confondre allègement et manque d’ambition.
- Les enseignants souhaitent des contenus de programmes réalisables pour que les enfants soient en situation de réussite avec des documents aidant à la mise en œuvre mais aussi des listes d’ouvrages et d’albums, musique, CD.
- La maternelle doit garder sa spécificité et les compétences à acquérir doivent être redéfinies (motricité fine, découpage, imagier, vocabulaire, structure verbale correcte, autonomie, jeux) en gardant l’« importance de l’appropriation du langage. », la « valorisation du langage oral » et « le fonctionnement en cycle ». Il faudra travailler à une culture littéraire.
- En élémentaire, il faudra éviter l’empilement successif de nouveaux apprentissages obligatoires, et mettre en lien les disciplines en développant les compétences transversales même si les enseignants considèrent qu’il y a un bon découpage entre les différents domaines.
- La nécessité de mettre du sens par rapport à la technique est mise en avant. Cela nécessite de revoir la place du raisonnement, de l’expérimentation, du tâtonnement ou de privilégier lecture et production d’écrit plutôt que travail intensif en grammaire orthographe et conjugaison.
- En langue vivante, rester sur un travail oral notamment en cycle 2 est souhaité.
- L’histoire des arts, mieux précisée, mieux accompagnée peut être conservée mais avec visites, productions etc...