Le socle commun

Contribution Unité et Action 45
dimanche 23 mars 2014
par UA

En 2005, lors de la mise en place du socle commun, le SNUipp s’y est fermement opposé. Depuis, ce principe étant relayé par un gouvernement socialiste, son acceptation est débattue au sein de notre organisation syndicale. L’idée d’un nouveau socle commun élargi à toutes les disciplines, rebaptisé « socle commun de compétences, de connaissance et de culture », fait son chemin.

Pour la section Unité et Action du Loiret, si les termes évoluent, le fond de cette réforme poursuit les mêmes objectifs.

Rappelons tout d’abord les origines de ce socle commun. Celui-ci a été pensé et imposé par la Commission Européenne, l’OCDE et des associations proches du MEDEF avec comme objectif principal la mise en concurrence des systèmes éducatifs, et de fait, économiques afin de favoriser la rentabilité des entreprises grâce à une main d’œuvre à bas coûts. Cette vision libérale de l’école, le SNUipp ne peut s’en faire le héraut.

Le socle commun répond également à des principes consuméristes en individualisant à outrance le parcours des élèves. La difficulté scolaire ne pourra être combattue par l’exclusion de certains apprentissages pour les élèves fragiles mais par les aides apportées (RASED, maîtres supplémentaires, autres…).

L’Ecole Républicaine a pour vocation de former des citoyens. Elle ne peut se satisfaire du simple « Lire, écrire, compter » qui ne doit constituer qu’un moyen d’accession aux autres disciplines et aux valeurs de la République et non être une fin en soi. Le socle ne renvoie pas à la compréhension du monde mais uniquement à la maîtrise d’outils basiques. Accepter le principe d’un socle commun, même sans l’ « Ecole du socle », (pourtant prévu initialement puis retiré de la loi de refondation après intervention de la FSU), c’est donc renoncer à l’Ecole de la République.

Par ailleurs, le socle commun s’accommode des inégalités plutôt que de les combattre. Il organise une sélection dès le plus jeune âge et enferme les élèves a priori incapables de poursuivre des études dans un parcours menant irrémédiablement à la précarité. Les premières victimes de cette école à deux vitesses seront une fois de plus les enfants des milieux populaires.

De plus, le socle commun entérinera la fin du collège unique et instaurera un système encore plus ségrégatif. En outre, il ne peut y avoir double prescription « socle/programmes » et nous devons continuer de revendiquer des programmes scolaires de culture commune regroupant toutes les disciplines à enseigner pour tous les élèves.

Enfin, il s’inscrit dans la lignée des politiques menées par les gouvernements précédents avec un renforcement du pilotage du système accompagné de sont lot d’injonctions et de suspicions. Les enseignants deviennent des évaluateurs davantage que des pédagogues, eux-mêmes évalués en fonction de leur résultat et rémunérés sur la base de leur servilité.

Pour conclure, la section U et A du Loiret considère que le rôle du SNUipp est de lutter contre ce socle et de favoriser :
- L’élaboration de programmes adaptés et permettant des approches pédagogiques diverses.
- L’égalité des élèves par le développement des dispositifs d’aide.
- Une démarche citoyenne et émancipatrice plus qu’une démarche productiviste.
- Un allègement des tâches administratives pour se recentrer sur la réussite des élèves.
- Une formation initiale et continue intégrant davantage la diversité des élèves.