Texte du congrès FSU de Poitiers en 2013 sur les rythmes

mercredi 20 novembre 2013
par UA

II-b-8 Rythmes de l’enfant et du jeune
Pour la FSU, ce n’est pas de « moins d’école » dont élèves et étudiant-es ont besoin, mais de « mieux d’école ». La question des rythmes ne saurait se résumer aux seuls rythmes scolaires : la globalité de la vie de l’élève – ses rythmes familiaux et sociaux - doit être prise en compte. Au-delà du volume horaire annuel, hebdomadaire et quotidien des élèves et des étudiant-es, de leur organisation, de la déconnexion du temps des élèves et de celui des enseignant-es en primaire, la réflexion doit porter sur les conditions d’une véritable amélioration des conditions d’apprentissage, d’enseignement et de travail.

Sur ce sujet compliqué, prendre en compte l’avis de l’ensemble des acteurs, dans la perspective d’une meilleure réussite de tous, est plus que jamais nécessaire pour qu’une nouvelle réforme des rythmes rassemble un consensus le plus large possible, dans une réflexion globale sur les temps des enfants et des jeunes. Les collectivités locales en charge de l’organisation des temps péri éducatifs sont notamment largement concernées.

Mettre en place, partout sur le territoire, des temps éducatifs de qualité « à côté de l’école », suppose d’en assurer les moyens, par un système de péréquation, à toutes les collectivités locales. Toute décision devra s’inscrire dans un cadrage national fort.

IV-f Partenaires de l’école, éducation populaire L’éducation n’est pas du domaine exclusif de l’école : familles, associations, collectivités… jouent des rôles complémentaires.

Pour autant, c’est d’abord à l’école que doit se construire l’essentiel de la réussite scolaire. Seul le service public d’éducation national, par son caractère obligatoire laïque et gratuit, et son maillage de l’ensemble du territoire, est à même de proposer à chaque jeune des programmes et des modalités de scolarisation similaires.

La réussite scolaire, sociale, professionnelle, nécessite un bagage culturel important, que l’école ne peut apporter seule, ce qui implique de travailler en complémentarité, notamment pour les élèves dont les familles sont les plus éloignées de la culture scolaire. D’autres temps éducatifs ont leur importance et il faut réfléchir à leur articulation avec l’école dans le respect des missions et des champs de compétences de chacun. L’intervention d’organismes associatifs doit être faite à la demande des équipes, en fonction de leurs projets, ne doit pas combler le manque de postes de personnels de l’éducation nationale ou le manque de formation continue, et doit faire l’objet de conventions précises soumises aux conseils d’administration ou d’école. Il apparaît important de travailler à la complémentarité avec les collectivités locales, les mouvements d’éducation populaire (associations partenaires de l’école, etc…) dont les moyens doivent être abondés, ainsi qu’avec le tissu associatif, dans le respect des champs de compétence et sous réserve des qualifications nécessaires.

La FSU demande la remise à plat de tous les agréments, notamment pour assurer le respect de la laïcité. Elle demande également le respect des compétences de chacun des partenaires.

Si le périscolaire, qui doit être accessible à tous (gratuité, transports, …) ne doit pas faire « l’école à la place de l’école », les temps péri et extra scolaires et notamment les PEL (projets éducatifs locaux) ou PEDT (projets éducatifs de territoires) doivent proposer cet enrichissement culturel indispensable à la démocratisation. Les conseils d’école et d’administration doivent être saisis à cette occasion. De nombreuses disparités existent en fonction de choix politiques ou des moyens des collectivités. Pour la FSU, un agrément de tous les accueils est nécessaire. Il faut par ailleurs assurer la formation et la qualification des personnels concernés, la qualité des locaux, le maintien des textes existants assurant un taux d’encadrement correct. Une politique publique de l’État, d’impulsion, de soutien et de développement de ces projets, disposant d’un fonds de péréquation (budget), devrait permettre de réduire ces disparités. Pour la FSU, la mise en place de concertations institutionnelles entre les enseignant-es et les partenaires de l’école peut contribuer à améliorer cette complémentarité éducative, à mieux articuler temps scolaire et temps périscolaires. Du temps doit être dégagé pour cela et pour la formation des différent-es acteurs-trices. Pour autant, la part croissante de l’investissement éducatif des collectivités territoriales ne doit pas remettre en question le caractère national du service public d’éducation. Tout ce qui relève de la pédagogie et des enseignements doit rester de la seule responsabilité des enseignant-es.