C’est l’heure de commencer à transformer l’école CONCRETEMENT !

samedi 10 novembre 2012
par UA

Dans cette période où la priorité au primaire est affichée, quels sont les enjeux pour la réussite des élèves et les enseignants ? Quelles sont les possibilités de faire avancer ENFIN certaines de nos propositions et de le faire valoir auprès de nos collègues ? Pour gagner, quels sont les axes stratégiques que le SNUipp-FSU doit développer ?

L’immobilisme de notre école qui profite toujours à ceux qui réussissent déjà et qui exclut ceux qui connaissent le plus de difficultés, ça suffit !!

Unité et action n’accepte pas cet ordre établi. Pas de complaisance mais pas de fatalisme non plus.

Il est l’heure d’imposer nos priorités pour obtenir de vrais avancées pour l’école et les enseignants. Pour commencer concrètement à transformer l’école. Pour de VRAI.

La séquence ouverte avec l’annonce de la Refondation constitue une nouveauté pour le syndicalisme. Passer de la défense à la transformation de l’école !

Ces 10 dernières années, militants, collègues, parents, … tous, nous avons été réduits au discours de la dénonciation face au mépris du métier, à la casse de l’école et des services publics ! A chaque fois, Unité et Action au sein du SNUipp-FSU a pesé pour construire des expressions et des actions unitaires. Quand cela n’était pas possible, nous avons pris nos responsabilités. Toujours avec une obsession : créer un rapport de force et donc rassembler le plus grand nombre. Rappelons-nous le 18 mai devant le ministère pour la carte scolaire, rappelons- nous nos enquêtes sur les stagiaires, sur l’aide personnalisée, qui nous ont permis de faire émerger ces questions dans le débat public en y associant des milliers de collègues. Tout cela, c’est la patte d’Unité et Action ! Tout cela, c’est le SNUipp-FSU !

Personne ne peut contester nos combats, ceux que nous avons mené tous ensemble sur le terrain lors des carte scolaire, …. mais aussi dans les médias locaux et nationaux.....Voilà, un fait incontournable ! Nous avons marqué des points sur la « priorité au primaire ». C’était un de nos axes stratégiques.

Mais, nous sommes loin d’être arrivés à destination. Aujourd’hui, il va falloir transformer l’essai. Passer des promesses aux mesures concrètes. Tel est le nouvel enjeu pour un syndicalisme trop souvent réduit à la défensive. Aujourd’hui, nous avons l’occasion de faire avancer nos propositions face à une école qui souffre de laisser trop d’élèves sur le bord du chemin. A unité et Action, nous ne nous résignons pas à cette fatalité. Pour Unité et action, nous réaffirmons que cette lutte incessante contre un échec scolaire insupportable car porteur d’inégalités constitue l’essence même de nos combats : une école plus égalitaire pour une société plus égalitaire ! Ainsi, il nous faut aussi agir contre les inégalités sociales et les politiques d’austérité.

La stratégie d’un syndicalisme majoritaire sans complaisance et sans caricature

Le président a repris dans son discours « la priorité au primaire ». Il s’est engagé notamment sur la maternelle, la formation, … et sur le « plus de maîtres que de classes ». Combien de militants se sont battus depuis la création du SNUipp-FSU pour voir aujourd’hui affiché sur toutes les ondes, notre slogan ! Qui eut cru que cela soit même possible un jour ?

Alors, OUI ! Un des axes de notre tactique, c’est de prendre le président et le gouvernement à leurs propres mots. « Vous vous engagez ? Et bien tenez parole maintenant ! »

http://www.cafepedagogique.net/leme... .

Il nous faut nous servir des promesses faites au plus haut sommet de l’État pour contraindre le gouvernement à les mettre en œuvre dans les écoles. Car, c’est loin d’être gagné, certaines promesses ne résistent pas aux saisons. Et puis, ne soyons pas naïfs, d’autres n’ont pas intérêt à ce qu’un certain nombre de revendications du SNUipp-FSU gagne les écoles. Alors, si ce n’est pas nous qui les portons, personne ne le fera à notre place !

A l’heure où le syndicalisme est trop souvent accusé de ne jamais rien obtenir pour ses personnels, nous sommes attendus au tournant ! Pas de complaisance envers le gouvernement ! Mais, pas de caricature non plus. Notre boussole doit rester les collègues dans leur diversité. Ce n’est pas toujours facile mais c’est ce qui nous différencie des autres syndicats.

Là encore, Unité et Action a été déterminant avec l’idée du grand questionnaire papier pour se lancer dans deux mois de rencontres, de débats et de confrontation avec nos collègues. Le SNUipp-FSU rendra compte des résultats mardi 13 novembre. Ce sera la première expression publique de la profession sur l’avenir de l’école. Jusqu’à présent, personne ne l’a fait. C’est ce syndicalisme que nous portons de manière viscérale. En proposant un questionnaire en format papier, notre ambition était claire : multiplier les contacts avec les collègues durant cette première période, pour donner à nos CN, à nos conseils syndicaux la consistance du terrain : écouter, débattre, entendre, puis analyser pour agir ensemble.

Notre force résidera toujours dans le fait d’entraîner la profession. Sans les collègues, notre syndicalisme se réduirait à celui de CN ou de conseils syndicaux sans lien avec le ressenti de terrain. Nous laissons ces pratiques à d’autres syndicats qui donnent le sentiment d’être de grands révolutionnaires en parlant fort tout seul ou soit de « beaux réformistes » en parlant « comme il faut ». Mais au final, que pèsent-ils dans la salle des maîtres ? Quelle écoute ont-ils de la majorité de nos collègues ? Que permettent-ils : le rassemblement ou la division de la profession ?

Hollande ne nous a pas fait cadeau de « plus de maîtres que de classes » pour nos beaux yeux. Nous savons tous que c’est le nombre de collègues que nous représentons et entraînons qui détermine le rapport de force et la crédibilité auprès du ministère. Au SNUipp-FSU, nous ne sommes ni un syndicat éponge, ni l’avant-garde éclairée. Nous avons besoin de prendre appui sur la grande masse de nos collègues pour contraindre un ministère quel qu’il soit à bouger dans notre sens. Quoiqu’on en dise, le SNUipp-FSU sera écouté tant qu’il entraînera le plus grand nombre et donc imposera des mots d’ordre qui rassemblent. Comme nous le faisons depuis la rentrée, il nous faut continuer à informer nos collègues, débattre avec eux, porter leur parole, favoriser leur intervention. C’est un travail nécessaire et incontournable pour construire le rapport de force, pour les entraîner avec nous et pour gagner !

Un syndicalisme qui a besoin de gagner des avancées concrètes pour l’école et les personnels. Enfin !

Nos collègues attendent des avancées concrètes. Cela fait trop longtemps que nous n’avons rien gagné ! Nous jugerons avec eux de la portée des mesures. C’est notre marque de fabrique : consulter et construire avec nos collègues.

Mais, à cet instant, un certain nombre de sujets sont sur la table. Maternelle, formation professionnelle, plus de maîtres que de classes, nouveaux dispositifs d’évaluation pour les élèves, nouveaux programmes, conditions et temps de travail direction d’école, déroulement de carrière avec la ratio pro/pro Hors classe, droit syndical, droit des personnels (mutations, mobilité, …), ….

Tout cela sera discuté entre novembre et mars pour rentrer en vigueur à la rentrée prochaine. Ces dossiers ne sortent pas de nulle part. C’est le SNUipp-FSU, qui pour la plupart les a imposés. Il faut maintenant gagner des améliorations. C’est tout l’enjeu des négociations à venir que nous vous avons annoncées.

Et puis, il y a le dossier des rythmes. Le SNUipp-FSU a été clair. Les enseignants ne seront pas les perdants de la réforme. De fait, cette question ne peut être bâclée et réduite aux contingences budgétaires sur un financement de la fin de journée pris en charge par les seuls enseignants....

Le débat est piégé et dangereux pour nous. Tous nos collègues n’ont pas le même avis. Les parents, l’opinion non plus. Le SNUipp-FSU doit donc défendre et soutenir l’intérêt des collègues tout en défendant et portant l’intérêt de l’école et donc des élèves. On doit tenir les deux bouts ensemble pour éviter des clivages entre enseignants mais aussi entre le monde enseignant et l’opinion publique.

Premièrement, c’est la réforme du ministre. Pas la nôtre. Il l’avait annoncée comme ambitieuse : révision du zonage, équilibre de l’année, raccourcissement de la journée. Pour l’instant, l’ambition n’est pas au rendez-vous… les moyens d’y parvenir non plus !

Deuxièmement, Il nous faut remettre ce débat à sa place. Il ne suffira pas de changer les rythmes pour améliorer les résultats de l’école. Or, ce qui fatigue un enfant, et assombrit la journée d’un enseignant, c’est le poids de l’échec scolaire. La réforme des rythmes est une bonne chose si elle permet aux enseignants de mieux faire leur métier et de repenser les contenus pédagogiques.

Troisièmement, faire campagne sur la vérité de notre travail. C’était l’objet de notre enquête flash qui a été un vrai succès.

Quatrièmement, prendre le ministre à ses propres mots. Il a dit que la journée est trop lourde. C’est vrai. Mais alors la réforme doit aboutir à une journée scolaire allégée, avec plus de temps de respirations pour les élèves comme pour les enseignants. Il a dit que les enseignants devraient être payés plus dignement ; C’est toujours vrai ; Nos salaires doivent être revalorisés. Le SNUipp lancera une campagne avec un visuel sur ce thème.

Dans les discussions qui vont recommencer au retour des vacances, le ministre est dans l’obligation de présenter de nouvelles propositions. Nous sommes actuellement à 25H 30 de charge d’enseignement (24 H en classe entière et 60 H annuelles d’aide personnalisée). Nous devons aller au 24 + 3 et donc obtenir une baisse de notre charge d’enseignement et une reconnaissance du temps invisible de préparation et concertation,....

L’enjeu est donc le temps avec une redéfinition de notre temps de service mais aussi notre rémunération qui devra évoluer vers une véritable reconnaissance de nos métiers et comporter une réelle compensation pour le mercredi matin.

Pour peser, le SNUipp est à l’initiative d’une démarche unitaire ; Il s’est adressé au SE et au SGEN pour interpeller ensemble le ministre.

Tout reste à faire !

Rien n’est gagné ! Sur tous ces sujets, l’enjeu est de pouvoir afficher un « avant » et un « après » avec des avancées significatives qui améliorent les conditions d’exercice de notre métier et la réussite des élèves ! Pour nos collègues, il nous faut gagner du concret qui se vit au plus vite dans les écoles !

Mais, il nous faut aussi pouvoir affirmer quand cela ne va pas assez vite, pas assez loin, quand cela n’est pas satisfaisant comme nous l’avons fait à deux reprises lors des communiqués de presse sur le premier scénario des rythmes.

Nos collègues attendent que nous soyons déterminés et exigeants : acter les avancées parce que le syndicalisme sait être parfois efficace mais aussi acter les insuffisances, les désaccords. Et à ce moment-là construire les mobilisations et le rapport de force nécessaires pour faire changer la donne !